Nicolas Le Cadet – Enumérations et listes dans Pantagruel

Source : Gallica/BnF
La pratique énumérative rabelaisienne, qui constitue l’un des traits les plus immédiatement identifiables de son écriture, s’impose avec force dès la publication de Pantagruel (ca 1532). Dans l’édition publiée en 1542 chez François Juste, elle se manifeste à l’échelle de la phrase, sous la forme de « polynômes énumératifs », et prend souvent aussi des proportions plus importantes : les items sont alors séparés par de larges blancs typographiques ou même disposés sous forme de colonne. Si Rabelais brise de manière aussi répétée la continuité de « l’histoire horrificque » de Pantagruel, en y insérant des énumérations et des listes parfois très longues, c’est presque toujours dans une visée comique, parodique ou satirique. Mais ces « enflures treshorribles » du texte rabelaisien se présentent aussi comme des lieux de savoir, truffés d’allusions livresques et de micro-énigmes érudites. Ce sont enfin des instruments privilégiés du style copieux : virtuellement inépuisables, en expansion continuelle entre 1532 et 1542, elles apparaissent comme de véritables performances, au croisement de la rhétorique, de la poésie et du théâtre.
Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger sur Pantagruel de François Rabelais, on peut se reporter ici.