Bons et mauvais usages de Machiavel à 500 ans de sa mort (1527-2027)
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End date:11/05/2026, 22:38
Colloque international, Paris, 24-25 juin 2027
Organisateurs : Frédérique Dubard de Gaillarbois (Sorbonne Université), Giuseppe Sciara (Université de Bologne)

Santi di Tito, Portrait posthume de Nicolas Machiavel, seconde moitié du XVIe siècle, Palazzo Vecchio, Florence (source : Wikimedia commons)
A 500 ans de sa mort, Nicolas Machiavel (1469-1527) n’a jamais cessé d’interpeller les chercheurs et de fasciner spécialistes et non-spécialistes. Sa pensée et sa personnalité ont été interprétées de multiples façons. Innombrables sont les masques qui, dans les contextes historiques et géographiques les plus divers, lui ont été attribués : mentor de tyrans et dispensateur de conseils aux peuples, théoricien cynique du succès et apôtre de la distinction entre politique et morale, inspirateur de dictateurs sans scrupules et brillant politologue, porte-drapeau de la conservation, mais aussi de la révolution.
Chaque époque a construit son propre Machiavel – absolutiste, républicain, patriote et théoricien de la nation, totalitaire, démocratique, populiste etc. –. Hors d’Italie, on ne compte pas les grands interprètes de Machiavel, partisans ou détracteurs : de R. Pole à P. Ribadeneyra, de Gentillet à B. Spinoza, de Frédéric le Grand à J.-J. Rousseau, de F. Hegel à T. B. Macaulay, de L. Strauss à R. Aron…. Mais au cours des XXe et XXIe siècles, Machiavel – sa pensée et son image – a également quitté le monde académique pour gagner la culture populaire et de masse. Son influence et sa diffusion sont tels qu’on peut affirmer sans crainte d’être contredit qu’il relève désormais d’un patrimoine culturel mondial.
Ce colloque entend, donc, célébrer moins l’homme et son œuvre que son exceptionnelle réception historique, géographique, disciplinaire et médiatique. S’inscrivant dans la continuité des travaux consacrés à la fortune de l’œuvre machiavélienne, il se distinguera en privilégiant la fortune internationale – donc pas seulement européenne – et ne se bornera pas à la réception des œuvres, mais intègrera celle de sa personne et de son image. On entendra ici machiavélisme au sens d’histoire de sa réception en bien comme en mal et au sens des utilisations politiques (mais pas que politiques) qui ont été faites, au fil des siècles, de sa personne et de ses doctrines, ainsi que de ses images et représentations.
Le colloque entend mettre en évidence cette plasticité de la référence machiavélienne au fil des siècles, des horizons, des genres et du public.
Les organisateurs du colloque souhaiteraient faire émerger des réceptions inédites ou novatrices de Machiavel et du machiavélisme, du XVIe siècle à nos jours. Il suffit de penser aux multiples façons dont Machiavel a été utilisé au cours de l’histoire pour expliquer certaines dynamiques politiques et sociales, mais aussi pour interpréter les changements politiques actuels, tant au niveau national qu’international, ou pour expliquer la crise de la démocratie libérale et la montée des populismes d’aujourd’hui, ou encore aux relectures, sous l’angle féministe ou antiféministe, de sa pensée.
Si Machiavel est une référence internationale dans le domaine académique, le machiavélisme l’a propagé à tous les étages de la culture : savante, intermédiaire et populaire, ces deux derniers ayant été moins explorés par la recherche. C’est donc moins ou pas seulement le Machiavel académique que la manière dont la référence et les clichés machiavéliens ont été ou sont « bien ou mal utilisés » qui sera privilégiée.
La presse, en tant qu’intermédiaire entre culture académique et populaire, aura une place privilégiée dans cette investigation, comme la réception de Machiavel dans la langue, la littérature, les arts plastiques, la musique, le cinéma, les séries, les bandes dessinées, les animés, les cartoons, voire, les réseaux sociaux (posts, videos, photomontages, reels, mèmes).
Il pourra également s’agir d’illustrer et mesurer la pénétration de la référence machiavélienne dans des sphères extra-politiques (management, psychologie, pédagogie, self-training, sport, gaming, vie quotidienne, intelligence artificielle…).
Le succès populaire de Machiavel ne sera pas considéré comme une déformation de sa figure et de sa pensée, mais comme la démonstration que le sien, dans l’histoire des idées, constitue un cas exceptionnel qui, précisément pour cette raison, continue de se prêter à être pensé et repensé.
Les questions auxquelles les organisateurs du colloque souhaitent répondre sont :
- Que reste-t-il de Machiavel et de sa pensée dans notre contemporanéité ?
- Le retour de la guerre aux portes de l’Europe et au Moyen-Orient favorise-t-il une nouvelle façon d’utiliser Machiavel ?
- Quels sont les parcours et les dynamiques qui ont conduit Machiavel à devenir, à l’échelle mondiale, l’emblème d’une certaine conception de la politique ?
- Pourquoi Machiavel précisément, et non d’autres auteurs classiques ?
- En quoi la féminisation de la politique est-elle compatible avec la référence machiavélienne ?
- En quoi la notion de « crise perpétuelle » fait de Machiavel la référence perpétuelle ?
- Pourquoi le machiavélisme est-il mobilisé pour interpréter les événements historiques et la réalité qui nous entoure ?
- Comment le machiavélisme contemporain s’articule-t-il ou rompt avec le machiavélisme des siècles précédents ?
- Comment penser l’émergence du « personnage » Machiavel dans des pièces de théâtre ou œuvres de fiction ?
- Pour quelles raisons Machiavel est-il un personnage capable de fasciner le grand public et pas seulement les spécialistes ?
Les propositions de communications seront envoyées à l’adresse mail du colloque :
machiavel500ans.sorbonne@gmail.com
Date pour l’envoi d’une proposition : 20 juillet 2026
Date de réponse des organisateurs : 31 juillet 2026
Dates du colloque : 24-25 juin 2027
Les communications auront une durée de 20 minutes. Les trois langues du colloque seront le français, l’italien et l’anglais.
La proposition de communication devra comprendre : un titre, un résumé de 300 à 400 mots, une brèvebiographie, l’indication de l’université ou de l’institution d’appartenance.
Responsables scientifiques :
Frédérique Dubard de Gaillarbois (frederique.dubard_de_gaillarbois@sorbonne-universite.fr)
Giuseppe Sciara (giuseppe.sciara3@unibo.it)
Responsible administrative :
Giulia Maria Giuffra (giulia_maria.giuffra@etu.sorbonne-universite.fr)