S’écrire entre femmes à la Renaissance : réseaux féminins européens

  • Start date:
    10/05/2026, 14:00
  • End date:
    10/06/2026, 13:00
  • Venue:
    l’Institut français de Florence (salle Julien Luchaire) Palazzo Lenzi, Piazza Ognissanti, 2 Firenze

Journées d’étude organisées par Adeline Lionetto (Sorbonne Université, CELLF) et Jean-Luc Nardone (U. Toulouse Jean Jaurès, IRPALL) à l’Institut français de Florence (salle Julien Luchaire)

 

Sofonisba Anguissola, Vieille femme étudiant l'alphabet avec une fillette, années 1550, Florence, Offices.

Ces journées d’étude s’orientent vers une approche transnationale des échanges littéraires et intellectuels féminins (XVe–XVIIe siècles). La réflexion portera sur les pratiques d’adresse entre femmes (correspondances, dédicaces, traductions) comme formes de légitimation intraféminine, en interrogeant notamment la question des langues. Plusieurs types de corpus seront étudiés (lettres, poèmes…) en anglais, italien, français, latin, et espagnol. Les journées articuleront communications et atelier de traductologie, avec une attention particulière aux circulations textuelles en Europe. Les contributions et traductions seront publiées en ligne dans Les Mains invisibles.

 

5 octobre 2026

14h Accueil des organisateurs

14h30 Audrey Gilles et Agnès Lafont : Réseaux féminins protestants entre France et Grande-Bretagne : correspondances, dédicaces, réécritures.

Cette communication s’intéresse à la correspondance entre Catherine de Bourbon et Elizabeth d’Angleterre, aux dédicaces qu’adresse Esther Inglis à des femmes de la noblesse protestante française (Catherine de Bourbon, Catherine de Parthenay, Louise de Coligny) ainsi qu’à sa réécriture des Emblèmes de Georgette de Montenay. Il s’agit de mettre en évidence la présence d’une communauté féminine protestante de part et d’autre de la Manche. Dans une période troublée par les Guerres de Religion, ces échanges littéraires avec les protestantes britanniques apparaissent pour les Françaises comme un véritable soutien idéologique et moral.

15h30 Victoria Rimbert : Un rendez-vous manqué ? La correspondance de Cassandra Fedele et Isabelle de Castille

L’humaniste du XVe siècle Cassandra Fedele entretient une correspondance suivie, en latin, avec Isabelle de Castille, à partir de 1487. Souhaitant pouvoir vivre pleinement de sa pratique littéraire et intellectuelle, Cassandra Fedele recherche la protection de la souveraine espagnole, avec succès : elle finit par être invitée à la cour d’Espagne, mais ne s’y rend finalement jamais. La communication propose de revenir sur cette correspondance pour en étudier les modalités, en se concentrant sur l’argumentation rhétorique de la jeune humaniste visant à convaincre la puissante mécène de la soutenir.

 

16h30 pause

17h Atelier de traduction

6 octobre 2026

9h30 Adeline Lionetto : Dialogues transalpins entre femmes : Marguerite de Navarre et les poétesses italiennes contemporaines

À partir de l’anthologie de Lodovico Domenichi (1559) et d’autres anthologies italiennes, cette communication examine les échanges poétiques entre femmes à la Renaissance, en croisant les adresses de Marguerite de Navarre à Vittoria Colonna et celles de poétesses italiennes à la princesse française. Alors que la correspondance de Colonna et de Marguerite a déjà été largement analysée, notamment par Daniel Fliege, l’étude se concentre sur les pièces poétiques en français et en italien, révélant un dialogue transalpin aux enjeux de reconnaissance et de légitimation intraféminine. Elle montre comment ces pratiques d’adresse structurent un réseau européen de sociabilité féminine et de circulation intellectuelle.

 

10h30 Nacéra Guenfoud : Tullia d’Aragona « la repentie » sous la protection d’Éléonore de Tolède, duchesse de Florence

Après une carrière de courtisane lettrée remarquée au cours de la première moitié du XVIe siècle, Tullia d’Aragona opère une « conversion » ayant vraisemblablement pour origine la recherche d’une légitimité intellectuelle et artistique. L’étude propose d’éclairer les rapports entre Tullia d’Aragona et Eléonore de Tolède à travers notamment les poèmes adressés à la duchesse ainsi que l’intercession de celle-ci dans un épisode judiciaire lié aux lois somptuaires en vigueur à Florence.