Emmanuel Buron – Imitation et performance dans Achille de Nicolas Filleul. Les usages du modèle jodellien.


Hans Holbein le Jeune, Études de la main gauche d’Érasme de Rotterdam ; Étude de la main droite écrivant, pointe d’argent, crayon noir et craie rouge sur papier préparé gris, vers 1523, Musée du Louvre, Paris (source : Wikimedia Commons).

Partant du constat de jeux d’échos entre Nicolas Filleul et son prédécesseur Étienne Jodelle, cet article entend analyser les intertextes qui se déploient dans Achille pour aboutir à une analyse de poétique théâtrale. Relevant d’abord précisément les passages (vers, hémistiches, rimes) imités et réécrits de Jodelle, l’auteur constate qu’ils se situent principalement aux actes I et IV de la pièce. Au-delà des emprunts textuels, Filleul retravaille des schèmes tragiques qu’il trouve chez son modèle, et élabore notamment le rôle d’Hécube à partir de celui de Cléopâtre. Mieux encore, poursuivant l’enquête, Emmanuel Buron constate que les emprunts ne se cantonnent pas au théâtre de Jodelle, mais vont aussi puiser dans plusieurs de ses textes poétiques, notamment ceux qui construisent une communication entre une ombre et un vivant. Dès lors, c’est une situation d’énonciation tragique que Filleul semble chercher chez son prédécesseur, révélant aussi bien la théâtralité de la poésie humaniste que le caractère rhétorique de sa dramaturgie.

Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger consacré à Nicolas Filleul, on peut se reporter ici.

Navigation du numéro

◀︎◀︎ Nina Hugot et Jérémy Sagnier – Nicolas Filleul (1537- c. 1589) : un dramaturge normand entre ombres et lumièresBouquet XXIV – Nicolas Filleul dramaturge : perspectives critiques et pédagogiques ►►