Claire Varin d’Ainvelle – La Saulsaye de Maurice Scève, lieu réel ou paysage littéraire ?

Bernard Salomon, gravure sur bois figurant dans l’édition de 1547 de Saulsaye conservée à la Bibliothèque municipale de Lyon, Exemplaire Rés 355925, Frontispice (cliché de Claire Varin d’Ainvelle)
Saulsaye. Eglogue de la vie solitaire, de Maurice Scève (Lyon, Jean de Tournes, 1547), est un dialogue entre deux bergers sur les rives de Saône. Si ce texte s’inscrit dans la continuité de la tradition des églogues, il s’en distingue en accordant une importance singulière à la topographie lyonnaise et en donnant une inflexion philosophique à l’argumentaire des personnages. La forêt de saules où se tient le dialogue entre Philerme et Antire fait l’objet d’une projection de représentations topiques mais contradictoires de l’espace sylvestre, la convocation de la philosophie épicurienne opérant une réévaluation des modes d’écritures de la nature. Si le problème contemporain des relations entre poésie et environnement nous invite à relire l’églogue scévienne, c’est semble-t-il moins pour y retrouver les prémices d’une conscience écologique qu’en vue de reconsidérer le texte ancien comme un ferment heuristique pour l’écocritique et l’écopoétique.
Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger consacré à “Représenter la nature en France au XVIe siècle : écritures poétiques et relations au monde”, on peut se reporter ici.