CR Chorea : Jeu – Séance du 14 juin

Jeux en scènes

Barthélemy d'EYCK, "Réné d'Anjou : Livre des tournois", (manuscrit, vers 1460), Paris, BNF (source : WGA).

Barthélemy d'EYCK, "Réné d'Anjou : Livre des tournois", (manuscrit, vers 1460), Paris, BNF (source : WGA).

« « En lice ! » Tournois, joutes et pas d’armes entre jeu politique et politique du jeu (XVe-XVIe siècles) »

par Henri Simonneau

Le tournoi au XVIe siècle est un divertissement ludique qui reste profondément ancré dans les mentalités nobiliaires. Si on estime souvent que la mort d’Henri II sur les lices parisiennes en 1559 marque le déclin des tournois, ces derniers restent nombreux jusqu’à la fin du siècle. Le tournoi reste un symbole identitaire fort, profondément influencé par la littérature, et qui avec la progressive main-mise des souverains sur leur organisation prend une dimension politique essentielle.

« Des ‘passetemps’ des citadins : la comédie et le jeu à la fin de la Renaissance »

par Goulven Oiry

Dédiée à la représentation de la société urbaine quotidienne, la comédie humaniste met en scène quelques-uns des ‘passetemps’ propres aux habitants des villes. En régime comique, les citadins se présentent volontiers comme des joueurs invétérés, prompts à duper autrui pour mieux s’égayer. Les passages de ce corpus dramatique dans lesquels les personnages trahissent leurs penchants ludiques ont souvent été interprétés comme des moments d’auto-réflexivité.  Sans rompre tout à fait avec cette interprétation, nous chercherons à la compléter, c’est-à-dire à la remettre en perspective à la lumière de l’histoire et de l’anthropologie urbaines : la comédie littéraire exhibe l’essence ludique de la comédie sociale, dont elle n’est jamais qu’un savant concentré.

Discussion avec Dominique Visse, directeur de l’ensemble Clément Janequin.