Exposition « Cranach et son temps »

À consulter également, les autres contributions publiées sur Cornucopia autour de Cranach.

Lucas CRANACH, "Hercule et Antée", vers 1530, Collection privée (WGA)

Lucas CRANACH, "Hercule et Antée", vers 1530, Collection privée (WGA)

L’exposition

Paris, Musée du Luxembourg, 9 février – 23 mai 2011

Tous les jours de 10h00 à 20h00
Les vendredi et samedi jusqu’à 22h00
Fermeture exceptionnelle : 1er mai

Commissaire : Guido Messling

Plein tarif : 11 €
Tarif réduit : 7,50 €
Billet Famille (2 adultes et 2 jeunes de 13 à 25 ans) : 29,50 euros

Pour marquer l’ouverture sur l’Europe de la partie de sa programmation dédiée à la Renaissance, le musée du Luxembourg rouvre ses portes avec une exposition consacrée à Lucas Cranach (vers 1472-1553), l’un des artistes majeurs de la Renaissance germanique. Ce peintre fécond et polyvalent, dont la carrière couvre toute la première moitié du XVIe siècle, est encore méconnu du public français qui n’a pas eu la chance de découvrir récemment dans une exposition l’étendue de son oeuvre. Présentée au musée du Luxembourg, l’exposition Cranach et son temps contribue à faire comprendre la place de cet artiste dans l’histoire de l’art et son implication dans la société de son temps, touchée alors par de profonds bouleversements politiques et religieux.

L’exposition montre d’abord la dimension européenne de l’art de Lucas Cranach, qui est non seulement marquée par les oeuvres de Dürer dont les gravures circulent, mais qui regarde aussi du côté des Flandres et de l’Italie. Pour faire apparaître ces influences, l’exposition met en regard tableaux, dessins et gravures de Cranach avec la production d’autres artistes. Elle consacre une place importante à ses voyages qui ont été favorisés par sa position officielle à partir de 1505 au sein de la cour de Frédéric le Sage, prince électeur de Saxe, fixée à Wittenberg. Au-delà des commandes artistiques de son mécène, Cranach s’est vu en effet confier des missions diplomatiques qui ont joué un rôle fondateur dans la formation de sa personnalité.

 

 Lucas CRANACH, "Adam et Eve", (1508-10), Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie, Besançon (WGA)

Lucas CRANACH, "Adam et Eve", (1508-10), Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie, Besançon (WGA)

A la demande de Frédéric le Sage, Cranach se rend notamment en 1508 à Malines dans les Flandres auprès de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, dont la cour est peuplée d’artistes et d’humanistes originaires de contrées diverses. Au contact de cette brillante société, il perfectionne son art. Il introduit dans ses oeuvres une élégance plus raffinée mais s’intéresse surtout à de nouvelles thématiques qui rencontrent alors un vif succès dans ce milieu aristocratique, comme celles des femmes fortes et vertueuses, représentées à mi-corps.

Une section de l’exposition est en outre consacrée à la représentation du nu qui occupe une place centrale au sein de l’oeuvre de Cranach. Dans ses figures féminines d’une grande sensualité, empruntées tantôt au répertoire antique (Vénus, Diane…), tantôt à la culture chrétienne (Ève), il représente des corps à la beauté parfois inquiétante, dont le canon se distingue très nettement des proportions idéales prisées à la Renaissance. Ces images ambiguës, mêlant érotisme et morale, à la signification souvent complexe, ont rencontré en leur temps un énorme succès qui a incité l’artiste à les décliner sous des formes variées. Son sens consommé des affaires le pousse même à mieux organiser son atelier pour répondre le plus rapidement possible à la demande.

L’exposition insiste surtout sur la richesse et l’originalité du parcours de Cranach, un parcours jalonné de rencontres déterminantes avec des représentants majeurs de la vie politique et religieuse de l’époque, alors agitée par le vent de la Réforme protestante. A Wittenberg, il côtoie notamment Martin Luther que protège Frédéric le Sage. Portraitiste de talent, il nous a transmis les effigies des principaux acteurs de ce moment fort dans l’histoire de la chrétienté. Bientôt lui-même partisan de la Réforme, Cranach participe aussi pleinement à la diffusion de la nouvelle doctrine, en mettant son art au service d’une propagande visuelle, largement diffusée par la gravure. Ainsi, il a contribué à élaborer une nouvelle iconographie protestante, sans pour autant renoncer aux commandes de l’Eglise catholique.

Sa notoriété de peintre, sa position dans la société des puissants, sa proximité avec les cercles intellectuels, font de Lucas Cranach une des personnalités parmi les plus originales et les plus étonnantes du XVIe siècle européen.

Cette exposition est organisée par la Rmn-Grand-Palais, en collaboration avec Bozar qui a conçu et présenté sa première étape au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles à l’automne 2010.

On peut en outre voir sur Web TV – Musée du Luxembourg, d’intéressantes vidéos.

 

Cycle de rencontres

Pour prolonger la visite, le musée propose un cycle de rencontres autour de l’exposition et invite des chercheurs de renom. Ces conférences-débats aborderont plus en profondeur l’œuvre de Lucas Cranach. Les thèmes permettront aussi d’envisager plus largement ses implications et sa place dans l’histoire des arts et l’histoire de la pensée sociale.

Ces conférences auront lieu dans la salle Monnerville du Palais du Luxembourg aux dates et horaires indiqués.

 

Art et politique dans l’œuvre de Lucas Cranach, le 7 avril à 18h30 avec Naïma Ghermani, maître de conférences en histoire moderne à l’université de Grenoble [Pour un compte-rendu de cette conférence, aimablement fourni par Naïma Ghermani, suivez le lien].

Cranach, Dürer et la Mélancolie, le 21 avril à 18h30 avec Yves Hersant, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales [Pour un compte-rendu de cette conférence, suivez le lien].

 

Lucas Cranach au XXe siècle : l’exemple d’Otto Dix, le 26 avril à 18h30 avec Catherine Wermester, Maître de Conférences en Histoire de l’art contemporain à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne [Pour un compte-rendu de cette conférence, suivez le lien].

 

Nus, corps et représentations de la femme à la Renaissance, le 5 mai à 18h30 avec Nadeije Laneyrie-Dagen, professeure d’histoire de l’art à l’Ecole Normale Supérieure [Pour un compte-rendu de cette conférence, suivez le lien].

Cranach dans l’œuvre de Michel Leiris, le 12 mai à 18h30 avec Pierre Vilar maître de conférences à l’université de Paris VII [Pour un compte-rendu de cette conférence, suivez le lien].

 

Inscription indispensable à l’adresse suivante : cycledeconferences@museeduluxembourg.fr

Les inscriptions sont nominatives. Si vous souhaitez venir accompagné(e), merci de nous indiquer précisément les noms et prénoms de chaque personne.