Audrey Duru – La mémoire de l’Apocalypse à travers « la paraphrase sur le tableau de Michel Ange du Dernier Jugement » d’Edmond Breuche (1644)

Audrey Duru (U. de Picardie-Jules Verne)

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Gravure de Boetius Adams Bolswert représentant le Jugement dernier, pour le traité d'Antoine Sucquet, Via vitae aeternae, édition originale : Anvers, M. Nutius, 1620 (livre II, chap. XLII dans l'éd. latine ; chap. XXIII dans l'éd. française). Reproduction extraite d'une traduction en néerlandais : Den wech des eeuwich levens, Anvers, H. Aertssens, 1649, consultation le 25.08.2016 sur le site du Rijksmuseum : url : https://www.rijksmuseum.nl/nl/collectie/RP-P-BI-2088. Lien permanent : http://hdl.handle.net/10934/RM0001.COLLECT.294259

Le modèle pictural de la fresque du Jugement dernier de Michel-Ange permet à Edmond Breuché (première moitié du XVIIe siècle) de mettre en abyme la rhétorique du « dereiglement de la nature », de la résurrection des morts et de la parousie (1644). Ce qui semble être une « peinture parlante » à la façon des ecphraseis de Vigenère est métaphorique d’une « paraphrase » d’un texte biblique supposé. Le dispositif ne risque-t-il pas d’attirer l’attention du récepteur sur un simulacre et de ruiner ainsi l’effort moral du prédicateur ? S’il s’agit de souligner la puissance de la représentation, il semble que ce soit moins en vue d’une défense séculière du pouvoir des Lettres ou de la peinture qu’afin d’inclure l’image dans l’apologétique. La faculté de l’imagination et la production sociale des images deviennent, par la mise en œuvre d’une écriture visionnaire et satirique, ce qui permet la révélation du pouvoir de Dieu par « figures ». Cet aspect de la rhétorique de Breuché implique une valorisation du corps et des sens, promis à une transformation dans le corps ressuscité, et une interprétation de Michel-Ange positive et déliée des polémiques théologiques et morales.

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