Séminaire « Topographie de la violence à la Renaissance »

  • Start date:
    15/02/2018, 17:00
  • End date:
    17/05/2018, 19:00
  • Venue:
    Le séminaire a lieu chaque jeudi, de 17 h à 19 h, en Sorbonne, salle de séminaire de l’Occident moderne. Salle Pardailhe Galabrun-G 647.

Séminaire organisé par Frank LESTRINGANT et Adeline LIONETTO

Le séminaire a lieu chaque jeudi, de 17 h à 19 h, en Sorbonne,

salle de séminaire de l’Occident moderne.

Salle Pardailhe Galabrun-G 647.

SWART VAN GRONINGEN, Jan Femme se lamentant sur les ruines d'une cité brûlée, 1550-55, Rijksmuseum, Amsterdam (source : WGA)

SWART VAN GRONINGEN, Jan
Femme se lamentant sur les ruines d'une cité brûlée,
1550-55, Rijksmuseum, Amsterdam (source : WGA)

Topographie de la violence

Quelle pensée du monde avaient les écrivains du XVIe siècle ? Dans quel espace géographique faisaient-ils se mouvoir leurs héros ? Pas dans les livres seulement, mais aussi dans les cartes et les atlas. Et puis, tout d’abord, dans l’espace réel où ils vivaient et où ils se déplaçaient. La topographie est une assise stable, plus bornée assurément que la géographie ou la cosmographie qui, à plus petite échelle et vues de loin, paraissent immobiles et pérennes.

Comment la violence s’incruste-t-elle dans la topographie ? Comment émerge-t-elle de l’accident de terrain, comment surgit-elle en définitive du sol ? À tout moment, partout, elle fuse, elle jaillit, elle trouble, jetant la désolation dans les paysages les plus paisibles, les milieux les plus divers et les plus restreints. Éparpillée, subite, cette violence échappe à la prise. D’urgence il s’agit de la maîtriser ou, au contraire, en une envolée prophétique, de la généraliser, de l’annoncer immédiate et universelle, dans l’annonce de la fin des temps, laquelle achève et apaise (?) tout. Du bocage provincial à Paris tumultueux, l’espace s’élargit à la France entière et à toute l’Europe de la Renaissance, sans oublier le Nouveau Monde en train d’être découvert et dépeuplé. La géographie de Rabelais est un terroir aux fortes saveurs, mais c’est aussi un archipel fantastique dans le sillage des grandes navigations et des récentes découvertes, un « grand Insulaire » en définitive. Sur l’autre versant du siècle, celui que trace Montaigne dans Les Essais, des « Cannibales » aux « Coches », le tableau n’est guère plus rassurant. Y règnent le paradoxe et les dispositifs ironiques ; s’y déploient les géographies imaginaires ou parodiques. Notre modernité s’y découvre, l’espace d’un monde en crise s’y révèle.

Le déroulement du séminaire ne sera pas strictement chronologique. Il ne s’interdira ni les chemins de traverse ni les perspectives cavalières, de manière à susciter des rapprochements dans l’espace et le temps pointant jusqu’à notre modernité.

1) Jeudi 15 février 2018 : Alexandre Tarrête (Université de Paris-Sorbonne) : « Violence de l’espace utopique chez Thomas More ».

2) Jeudi 22 février 2018 : Jean-Charles Monferran (Université de Strasbourg), « Conflits d’écrivains sur les cimes du Parnasse dans quelques fictions des XVIe et XVIIe siècles ».

3) Jeudi 8 mars 2018 : Cornelia Klettke (Université de Potsdam) : « Scènes de la violence primitive et leur topographie dans le Roland furieux de l’Arioste ».

4) Jeudi 15 mars 2018. Frédéric Tinguely (Université de Genève) : « Le chaos caucasien dans les Voyages de Jean Chardin ».

5) Jeudi 29 mars 2018. Sylvain Ledda (Université de Rouen), « Topographie de la violence parisienne des guerres de Religion dans la littérature romantique ».

6) Jeudi 5 avril 2018 : Georges Tolias (EPHE) : « Violences guerrières dans les récits cosmographiques (fin XVe-fin XVIe siècle) ».

7) Jeudi 12 avril 2018 : Tom Conley (Cambridge, Harvard University), sujet à préciser.

Vacances de Pâques

8) Jeudi 3 mai 2018. Paul-Victor Desarbres (Université Paris-Sorbonne), « Constantinople et la croisade dans l’Histoire de Chalcondyle (1577) : cristallisation ou détournement de la violence ? »

9) Jeudi 17 mai 2018. Marie-Dominique Couzinet (Université Panthéon-Sorbonne), « Topographie de la violence dans les collèges parisiens pendant les guerres de religion : autour de Pierre de La Ramée (Ramus) ».