Louise Millon – La Masculinité dans Pantagruel

Cette section constitue la partie 7 de 9 du numéro
Bouquet XXXII - Pantagruel de François Rabelais
Rabelais, Pantagruel, Lyon, François Juste, 1542, fol. 91r, BnF, cote RES-Y2-2135.
Source : Gallica/BnF

Cet article propose de lire Pantagruel comme une vaste mise en scène de la masculinité humaniste, se déployant tout autant en performance savante qu’en régime de domination symbolique. La communauté pantagruélique y apparaît comme une homosocialité lettrée et festive, fondée sur la circulation ludique du savoir, la virtuosité verbale et la jubilation du serio ludere. Cette célébration collective de la masculinité s’accompagne d’une mise en crise constante de l’idéal viril : la geste héroïque est détournée par la parodie, la grivoiserie et le burlesque. La virilité y devient une performance instable, livrée au rire. L’article montre enfin que cette masculinité savante repose sur une politique de la distinction et de l’exclusion : la parole et l’agentivité sont monopolisés par les figures masculines, tandis que les femmes sont fermement, voire violemment, maintenues à la marge du dialogue humaniste.

Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger sur Pantagruel de François Rabelais, on peut se reporter ici.

Navigation du numéro

◀︎◀︎ Myriam Marrache-Gouraud – Rire avec PanurgeNicolas Luiset – La Renaissance dans les romans contemporains, une écriture au présent ►►