Marianne Closson : Violée par le diable

Cette section constitue la partie 11 de 11 du numéro
LE VERGER – Bouquet IV : Viol et ravissement

Marianne Closson, Université d’Artois

Hans Baldung Grien, "Le Sabbat des sorcières", 1510, Nationalmuseum, Nuremberg (source: WGA).

Hans Baldung Grien, "Le Sabbat des sorcières", 1510, Nationalmuseum, Nuremberg (source: WGA).

 

Le Moyen Âge nous a offert de nombreux récits mettant en scène des incubes ou des succubes, mais c’est la Chasse aux sorcières qui transforme véritablement le diable en figure de la toute-puissance phallique ; au sabbat, sorciers et sorcières se soumettent sexuellement au démon,  souillure sans retour qui les sépare du reste de l’humanité.

Ce rituel, qui signe l’appartenance au diable, devient, vers la fin du XVIe siècle, ouvertement sadique : le coït, abondamment décrit par les démonologues, provoque des douleurs effroyables, du fait, principalement, de la disproportion des organes du démon et de la sorcière. Ce « modèle » contamine à son tour la possession démoniaque : les possédées sont victimes de viols, ou plus souvent de tentatives de viol, par le diable ; et cette fois-ci, l’événement a lieu dans le monde réel, et parfois en présence de témoins.

Comment ce motif du coït forcé avec le démon – qui crée par ailleurs une confusion possible entre sorcière et possédée – s’est-il imposé ? Que nous dit-il de l’image de la femme ? Quels fantasmes met-il à jour ? L’article s’efforce de répondre à ces questions.

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Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger consacré à « Viol et ravissement », on peut se reporter ici.

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◀︎◀︎ Guillaume Garnier : Les incubes et les succubes : singularités et équivoques des viols oniriques au début de l’époque moderne