Ghislain Tranié – « Lire les signes de l’Apocalypse dans les catégories de genre à Strasbourg et en Alsace à la Renaissance »

Ghislain Tranié (U. Paris-Sorbonne)

NTHONISZ, Cornelis Saint Crosspatch c. 1550, Rijksmuseum, Amsterdam (source : WGA)

NTHONISZ, Cornelis
Saint Crosspatch
c. 1550,
Rijksmuseum, Amsterdam (source : WGA)

 

Les discours et les images produits sur l’Apocalypse à la Renaissance réactivent la pensée eschatologique et les imaginaires paniques. L’attention se fixe alors sur des signes inquiétants, des prodiges, des naissances monstrueuses, des comportements déviants, et plus généralement sur toute innovation. Nombre de ces signes sont énoncés ou représentés au féminin. Cet article fait l’hypothèse de ce que le genre est une catégorie d’analyse utile pour comprendre comment les femmes et les hommes de la Renaissance ont pu recevoir de tels discours et de telles images, et comment ces signes renvoient à un imaginaire social, culturel et religieux en quête de réforme.

L’Alsace, et la ville de Strasbourg en particulier, constituent un observatoire possible à cette profusion de discours et d’images au féminin, d’autant que cet espace, aux confins du monde germanique, connaît un large rayonnement avec la diffusion de l’imprimé et la Réforme. De Sébastien Brant à Melchior Hoffman en passant par Hans Baldung Grien, ce sont des hommes inquiets, ou du moins attentifs à un microcosme qui est comme un livre ouvert du macrocosme, et où la prolifération du féminin, des femmes et de la parole féminine traduisent un changement de rapport au temps et ouvrent à la possibilité de la fin des temps.

Télécharger l’article de Ghislain Tranié

Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger consacré aux Imaginaires et représentations de l’Apocalypse à la Renaissance, on peut se reporter ici

Navigation du numéro

◀︎◀︎ Julia Maillard – L’Apocalypse sur le Théâtre de France : « déguisements » politiques et performativité d’un imaginaire sous Charles IX et Henri III