Julia Maillard – L’Apocalypse sur le Théâtre de France : « déguisements » politiques et performativité d’un imaginaire sous Charles IX et Henri III

Julia Maillard (EHESS – CRAL / CEHTA)

Antoine Caron, Auguste et la Sibylle de Tibur, vers 1575-1580, huile sur toile, 125 x 170 cm, Paris, Musée du Louvre (source : WGA).

Antoine Caron, Auguste et la Sibylle de Tibur, vers 1575-1580, huile sur toile, 125 x 170 cm, Paris, Musée du Louvre (source : WGA).

 

La France des guerres de religion fut le théâtre de la rencontre d’un imaginaire, l’Apocalypse, et des images liées à une actualité tragique. Dans cette société en crise, l’imaginaire apocalyptique eut la puissance de modifier la perception de la réalité vécue, réalité de laquelle il avait tiré son potentiel. Dit selon les termes de l’époque, ce « masque » allégorique finit par « déguiser » l’Histoire/histoire qu’il recouvrait. Les notions de « performativité » et d’agentivité vont permettre d’appréhender ces mécanismes qui culminèrent sous le règne de Henri III grâce au terreau idéologique édifié sous son prédécesseur, Charles IX, ainsi investi d’une mission rédemptrice. Il s’agira de les définir en questionnant la puissance de la métaphore apocalyptique à faire (ré)agir l’auditeur-lecteur, tout d’abord à travers l’impact de ses images littéraires sur l’imaginaire royal, puis de l’horizon dévotionnel psychologique grâce auquel elle fait appel à agir, et enfin de la potentialité subversive du détournement de ces mêmes mots et images par la satire et les pamphlets. Par le recouvrement incessant des faits par les imag(inair)es apocalyptiques, cette structure permit l’activation d’une performativité et d’une théâtralité rituelles qui re-façonnèrent une monarchie mise à mal dans sa mission sacrée. Un masque apocalyptique devenu déguisement, entre (dé)voilement et (dis)simulation.

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