Programme « Portraits. Entre conceptions et réceptions »

Sandro BOTTICELLI, "Portrait d'un homme montrant une médaille de Côme l'Ancien", (vers 1474), Florence, Musée des Offices (source : WGA)

Sandro BOTTICELLI, "Portrait d'un homme montrant une médaille de Côme l'Ancien", (vers 1474), Florence, Musée des Offices (source : WGA)

Par sa récurrence, le portrait est un thème incontournable de l’histoire de l’art. Quelles que soient les approches revendiquées, il continue de faire l’objet d’articles, de conférences et de colloques entiers. À ce titre, il est plus qu’un thème.

Fondement, transversale de l’histoire de l’art, il est une source inépuisable d’où essaiment de multiples questionnements sans cesse renouvelés face aux productions de toutes les périodes et les cultures.

Mais le portrait se conçoit aussi en dehors d’une forme attendue pour un historien de l’art, d’une mimesis qui, même si elle peut se révéler originale par certains aspects, offre systématiquement un vocabulaire connu et maîtrisé.

Ne trouve-t-on pas ce même mot dans les domaines de la musique ou des lettres ?

Ainsi le portrait est-il un genre littéraire identifié. Néanmoins, dans les livres imprimés de la Renaissance et par un jeu de miroir, on le voit parfois associé à son pendant graphique.

Que penser encore de l’emblème, qui signifie l’individualité à travers la complémentarité de l’image et de la sentence ? Portrait vertueux que se fait de lui-même le modèle.

Le titre de cette session est donc pluriel : « Portraits. Entre conceptions et réceptions », tant les formes sont multiples, se retrouvant dans toutes les productions humaines de type communicationnel. Au cours du séminaire, il s’agira de les envisager dans leur globalité, de leur élaboration mentale à leur soumission aux regards – et aux autres sens – : les historiens de l’art diraient du disegno ou dess(e)in (à la fois idée et invention de l’artiste) à la réception par le public auquel il est destiné.

L’objectif est de faire résonner entre diverses disciplines une notion classique – mais non exclusive – de l’histoire de l’art, qui retient nombre d’autres chercheurs, quelle que soit la nature du « portrait » étudié. Par-delà les différences terminologiques, il s’agit d’une invitation à réfléchir aux points de contact – ou aux espaces infranchissables – entre les disciplines : chacun n’a-t-il jamais tenté d’étudier le matériel scientifique de l’autre avec son bagage méthodologique spécifique, afin d’approfondir réflexion et regard sur son propre objet d’étude ?

Chaque présentation par des chercheurs en histoire de l’art, en lettres modernes ou classiques ou en neurosciences cognitives sera l’occasion d’autant de temps de discussion, qui permettront de réfléchir ensemble sur les points mis en question.

Lieu des séances : Université de la Sorbonne, 17, rue de la Sorbonne 75005 Paris, escalier F, 2e étage (salle F 368). Les séances se dérouleront de 10h à 13h.

Introduction

I. Quand les portraits se répondent… Diptyques et séries (18 janvier)

10h

Des portraits de couples pour une dynastie : les Wittelsbach de Bavière au XVIe siècle

par Marianne BOURNET-BACOT (université de Picardie Jules Verne / Histoire de l’art)

11h

Entre illusion et allusion : les portraits des propriétaires sculptés en médaillons dans les monuments de la Renaissance en France

par Sarah MUNOZ (université Toulouse II – Le Mirail / Histoire de l’art)

12h

Des paroles et des actes : lecture des Vies de Plutarque à la Renaissance. Le portrait au service de la philosophie morale

par Bérengère BASSET (université Toulouse II – Le Mirail / Lettres classiques)

 

II. De la construction signifiante du portrait princier (1er février)

10h

Le portrait équestre : renaissances italiennes, XIIIe-XVe siècles

Par Armelle FEMELAT (université de Tours, CESR / Histoire de l’art)

11h

Les saints au service de la cause bourguignonne : le « Martyre de saint Hippolyte » de Boston et les portraits « cachés » de Philippe le Beau et de Marie de Bourgogne

par Olga KARASKOVA (Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits / Histoire de l’art)

12h

Le roi de France Henri III façon puzzle

par Isabelle HAQUET (musée du Louvre / Histoire de l’art)

 

III. Pouvoirs émotionnels des portraits (1er mars)

10h

Le portrait dévotionnel, ou comment atteindre l’union à Dieu dans et par l’image (anciens Pays-Bas, 1400-1550)

par Ingrid FALQUE (université catholique de Louvain / Histoire de l’art)

 

11h

Exploration par le regard d’une Annonciation de Piero della Francesca

par Zoï KAPOULA (CNRS / Neurosciences cognitives)

12h

Un celeste crayon pour peindre le celeste. Portrait de l’aimée chez quelques poètes de la seconde moitié du XVIe siècle (Ronsard, Jodelle, Aubigné)

par Adeline LIONETTO-HESTERS (université Paris-Sorbonne / Lettres Modernes)

Maîtresse de ballet : Isabelle Haquet.