Céline Fournial : Viol et ravissement sur la scène française : défi dramaturgique et évolution du théâtre sérieux

Cette section constitue la partie 7 de 11 du numéro
LE VERGER – Bouquet IV : Viol et ravissement

Céline Fournial, Université Paris-Sorbonne

LE BERNIN, "Le Rapt de Proserpine" (détail), (1621-1622), Rome, Galerie Borghèse (source : WGA).

LE BERNIN, "Le Rapt de Proserpine" (détail), (1621-1622), Rome, Galerie Borghèse (source : WGA).

 

De multiples figures de ravisseurs occupent la scène théâtrale du XVIe siècle et leur diversité correspond à la polysémie du mot ravissement. Ainsi, le ravissement, sujet commun à la tragédie et à la tragi-comédie, est traité de manière très différente dans ces deux genres, tant sur le plan dramatique que sur le plan dramaturgique. Le traitement du viol constitue un véritable défi pour les auteurs du XVIe siècle car ce type particulier de crime déroge plus que tout autre aux règles de décence et de bienséance. Mais alors que dans le dernier quart du siècle, la conception du théâtre évolue profondément et que le théâtre statique cède progressivement la place à un théâtre de l’action et de l’action violente, la violence faite aux femmes, malgré les réticences plus grandes qu’elle suscite chez les dramaturges, finit par s’exposer à son tour. L’engouement de la fin du siècle pour ce type de sujet est intimement lié au développement de la tragédie irrégulière mais aussi au contexte historique de la crise de l’humanisme et des guerres de religion. L’évolution du traitement du viol à la scène s’inscrit donc dans le cadre plus vaste d’un théâtre de la cruauté qui interroge les limites de la représentation dramatique.

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Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger consacré à « Viol et ravissement », on peut se reporter ici.

 

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