Marie-Joëlle Louison-Lassablière – Les rituels festifs des étudiants en Avignon

Cette section constitue la partie 10 de 13 du numéro
LE VERGER - Bouquet VI : La fête à la Renaissance

Marie-Joëlle Louison-Lassablière (UMR CNRS 5037)

 

FASOLO, Giovanni Antonio, L'invitation à la danse, c. 1570, Freque Salone, Villa Caldogno, Caldogno

FASOLO, Giovanni Antonio, L'invitation à la danse,
c. 1570, Freque
Salone, Villa Caldogno, Caldogno

 

Soldat épuisé, étudiant malchanceux, héritier spolié, Antonius Arena aurait eu toutes les raisons d’être morose. Et pourtant, comme pour conjurer le sort ou en compenser les avatars, il revendique un goût prononcé pour la fête. Son œuvre, Ad suos Compagnones… (1531), n’est pas un simple manuel de pédagogie chorégraphique. L’auteur y convoque ses souvenirs de jeunesse et c’est sur le mode autobiographique qu’il témoigne des rituels festifs auxquels s’adonnaient les étudiants en droit de l’Université d’Avignon.

Le premier rituel relève de la transgression. Chaque année, à la Saint-Bastien, les étudiants soumettent leurs nouveaux condisciples au bizutage. Au-delà du rite initiatique qui a pour but de tester les impétrants, se déploie en ville un affrontement entre les différentes ‘nations’ des collèges universitaires.

Le second rituel est celui de la séduction : le bal est le lieu où se distinguent les jeunes gens et où se joue leur avenir. Toute fête est réglée selon un code connu des seuls « bragards ». Si l’auteur dévoile les clés de la réussite (costume à revêtir, rôle du tambourinaire, bouquet final, etc.), il montre que la fête est un état d’esprit au point de créer un vocabulaire spécifique pour en parler.

De la fête sociale, on passe insensiblement à celle des mots. L’apprécier suppose d’en connaître les arcanes : allusions, sous-entendus et autres expressions cryptées plongent le lecteur dans un milieu, celui de la Basoche, dont le savoir-faire est avant tout un savoir-être.

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Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger consacré à  La Fête, on peut se reporter ici.

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