Anne-Pascale Pouey-Mounou – “Il n’y a plus de saisons” : saisons perturbées et perturbations saisonnières chez Ronsard

Le traitement que Ronsard fait des Saisons dans Les IIII. Saisons de l’an et dans les Odes justifie de rechercher les traces textuelles d’un contact avec la nature par-delà l’abstraction allégorique, le poids de l’intertextualité et la prépondérance de la topique. Les perturbations des saisons – tant les perturbations cosmiques relatées dans les mythes étiologiques que les perturbations météorologiques saisonnières – permettent d’envisager une grammaire du contact avec la nature à partir de trois entrées syntaxiques et stylistiques qui touchent à la position des circonstants temporels et à la distribution des plans : la syntaxe de la menace contrecarrée dans les Hymnes, et, dans les Odes, le recours « événementiel » aux adverbes temporels imités d’Horace et l’exploitation de la puissance mémorielle et présuppositionnelle des subordonnées circonstancielles de situation.
Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger consacré à “Représenter la nature en France au XVIe siècle : écritures poétiques et relations au monde”, on peut se reporter ici.