Antoine Simon – “Pour mettre en mon jardin des fleurs de leur jardin” : inclusion de la nature dans les premiers vers de Jean Vauquelin de La Fresnaye

Adam Elsheimer, Aurore (1606-1607), Herzog Anton Ulrich-Museum, Braunschweig
(WGA)
Le poète et magistrat Jean Vauquelin de La Fresnaye est entré en poésie avec un recueil bucolique, Les Foresteries, publié à Poitiers pendant ses études de droit en 1555. Cinquante ans plus tard, il publie les Diverses Poesies, peu de temps avant sa mort. L’important recueil regroupe des poèmes qu’il a écrits pendant toute sa carrière, et dont certains datent des années 1560, notamment ses Idillies et Pastorales. Ces deux recueils pastoraux laissent une part belle à l’évocation de la nature. Vauquelin inscrit dans sa poésie un rapport à la nature presque identitaire. L’homophonie de son toponyme avec le frêne est souvent utilisée, et il ne manque jamais, de rappeler qu’il vient de Normandie, région qu’il met en scène dans ses vers avec plus ou moins d’authenticité. C’est en disciple de la Pléiade qu’il prend la plume. La première pièce écrite par Vauquelin est datée de 1553 et est une réécriture de Ronsard. Le Normand a d’autres mentor comme Sannazar et son Arcadie. Mais décrire la nature, évoquer les amours pastorales, c’est aussi un moyen de parler de soi, de l’amour que l’on peut porter à une réelle femme. Ainsi, l’évocation de la nature peut parfois dépasser le simple aspect topique.
Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger consacré à “Représenter la nature en France au XVIe siècle : écritures poétiques et relations au monde”, on peut se reporter ici.