Anne Lemerre-Louërat – La pluie et le beau temps dans la poésie météorologique de la Pléiade

Cette section constitue la partie 5 de 13 du numéro
Bouquet XXXIII : Représenter la nature
Giorgione, La Tempête, Giorgione, 1506-1508, Gallerie dell’Accademia, Venise (source : Wikipédia).

La poésie météorologique de la Pléiade s’inscrit dans le genre didactique et cherche à expliquer les phénomènes atmosphériques par les textes des Anciens plutôt que par la science contemporaine ou l’expérience directe. Néanmoins, il n’est pas rare que la description cosmologique abstraite y cède la place à l’immersion dans une expérience météorologique sensible. Cette irruption du réel fait exister le météore non plus en tant qu’objet de savoir, mais pour lui-même. Ce glissement de la description de la nature comme objet d’étude vers une nature vécue est perceptible chez Peletier dans L’Amour des Amours (1555) et chez Baïf dans Le Premier des météores (1567). La pluie et le beau temps y jouent en effet un rôle dans la construction des savoirs météorologiques. Ils interrogent aussi la permanence d’une expérience directe des phénomènes atmosphériques, susceptible de réconcilier « les épines de la science » et « les fleurs de la poésie ». 

Pour consulter le sommaire du bouquet du Verger consacré à “Représenter la nature en France au XVIe siècle : écritures poétiques et relations au monde”, on peut se reporter ici.

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