Varia du Verger 8 : Les « Tragiques » d’Agrippa d’Aubigné

Cette section constitue la partie 12 de 12 du numéro
LE VERGER - Bouquet VIII : L'exotisme à la Renaissance
Varia sous la direction d’Adeline Lionetto (Université Paris-Sorbonne)
en collaboration avec Claire Sicard (Université Paris-Diderot)

 

Lucas CRANACH, l'ancien, Le Christianisme et le Protestantisme, c. 1545.  Staatliche Museen, Berlin (wga)

Lucas CRANACH, l'ancien, Le Christianisme et le Protestantisme, c. 1545.
Staatliche Museen, Berlin (wga)

Dans les varia de ce huitième bouquet du Verger, nous proposons une triade d’articles sur les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné. Ces contributions interrogent toutes, selon des méthodes et des approches certes différentes, les liens entretenus par l’auteur protestant à divers modèles, que ceux-ci soient doctrinaux ou esthétiques.

Véronique Ferrer revient, dans la première contribution, sur les ressorts philologiques et théologiques de l’évidence (ou enargeia) afin de mettre en avant l’appartenance du poète à la pensée réformée de l’époque.

Anthony Glaise quant à lui se concentre sur le premier livre du recueil, « Misères », pour interroger ses caractéristiques tragiques mais aussi épiques. En se référant aux théories aristotéliciennes mais aussi aux canons de ces genres, l’auteur de ce deuxième article mesure la part d’imitation mais aussi d’audace du poète huguenot qui se serait employé, d’après lui, à dynamiter de l’intérieur les cadres génériques classiques.

Enfin, Jean-Charles Monferran propose justement un article sur cette violence bien connue des Tragiques, violence à laquelle Aubigné confère une fonction persuasive. Par la rudesse de son style, le poète établit ainsi un lien avec le langage rugueux de la Bible et insiste sur le fait que ce qu’il présente aux yeux de ses lecteurs n’est rien d’autre que la « malplaisante vérité ». Cette violence manifeste donc la recherche du vrai mais aussi la possibilité pour le poète d’aider le partisan de la Réforme à consolider sa foi. Sa finalité ne saurait être qu’esthétique, elle se veut en outre spirituelle.

La production albinéenne est ainsi située au carrefour de la tradition et d’une forme d’idiosyncrasie poétique, spirituelle et intellectuelle qui ne cesse pas de fasciner les lecteurs des Tragiques.

 

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